samedi 8 octobre 2011

Fayoum - Dans les déserts d'Egypte, Vol. III

Week-end de trois jours pour le 6 Octobre, pour célébrer la guerre du Kippour que seuls les Égyptiens considèrent une victoire, et virée dans le Fayoum. C'est une oasis au sud du Caire, à deux de voiture - heures égyptiennes, donc en comptant l'heure et demie de délai au départ, les pauses pour relancer le moteur avec un lacet de chaussure et les marches arrières sur l'autoroute quand on s'est planté de voie, vous calculez, l'important c'est qu'on arrive.
Clemzi, notre merveilleux planificateur, nous a trouvé une écolodge (parfaitement, ça s'appelle comme ça) plutôt chouette avec vue sur le lac de l'oasis depuis la chambre.  Régalez-vous les yeux au petit matin.

Et on va commencer par une virée à cheval. Moi non plus, je ne sais pas monter; mais j'ai bien compris que tout est dans l'attitude. Redressez le dos, lâchez les épaules, serrez les cuisses et soufflez un bon coup; si vous tenez vos rênes comme Steve McQueen, on donnera le change.

Et d'ailleurs, qui songe à vous regarder discuter avec votre cheval, quand tous les yeux sont fixés sur Sherif, notre guide/hôte/compagnon/plus-pour-les-demoiselles-si-affinités.

On prend confiance, on motive le cheval, et on s'élance dans un galop. Les jambes dans l'eau, à droite le désert, à gauche les palmiers, dans le ventre des fourmis, juste à côté Mohammed qui me crie des consignes pour que je ne me casse pas la figure... c'est affolant, grisant, excitant, électrisant.
 

En revenant tranquillement, j'ai plus le temps de prendre des photos. Mais j'ai un équilibre délicat sur mon Bucéphale, alors on va ranger l'appareil vite fait et on va rattraper les rênes. Et Steve McQueen, toujours.
 Retour au bercail... A Fayoum, il y a le village de Tunis, réputé pour ses poteries.


On peut même essayer. J'ai fait un joli pot un peu déformé parce que je voulais faire comme la dame, mais ça prend des années de pratique et elle a eu du mal à rattraper mes bêtises.

Comme on ne m'a pas trouvé de prédestination à la poterie (même si j'aimerais bien revenir passer 2 mois ici et apprendre), on peut partir faire une virée dans le désert.
 
 Au coucher du soleil.

 La nuit a été sans histoires, on a dormi à la belle sous le gros caillou que vous voyez dessous à gauche. On l'a escaladé, le gros caillou, le soir après le dîner; c'était raide mais ça valait le coup.


Et au petit matin, on est reparti, parce les rumeurs disent qu'il y a des baleines de l'ère tertiaire fossilisées dans le coin et qu'elles ne vont pas nous attendre.

 La vue d'un promontoire; l'horizon est encore différent de tous ceux qu'on a vus jusqu'ici.


Et on arrive dans la vallée des baleines...

On est partis pour 2h de balade (sous le canyar, mais on est parés) à la recherche des colonnes vertébrales fossilisées. Un indice, ce ne sera pas trop dur, le chemin a été pavé au milieu du désert par le Petit Poucet.


 La fine équipe. Ce sont les profs français des lycées francophones du Caire, tous des collègues de Clemzi.

En parlant du loup...

Je vous laisse vous balader, et criez quand vous trouvez un os de baleine. Moi j'en ai vu quelques-un déjà, ils sont joliment légendés et encerclés de pierres.




 En grimpant sur les hauteurs, le coup d'oeil est grandiose.



Et ça souffle pas mal. Allez, un petit plongeon dans les eaux du lac et il faudra repartir vers le Caire, parce que ces profs-là travaillent le samedi.




 Benjamin, le prof de sport. Match de beach volley avec Sherif, et repiquons tous une tête... c'est la dernière!

jeudi 29 septembre 2011

L'Inde à Dubai

Aladdin, mon prince charmant palestinien expert en décentralisation, m'a abandonnée au bureau sans mot dire. Et mon cœur meurtri s'est noyé dans un océan désœuvré en l'absence de mes deux gourous, puisque ma chef Rania était aussi en vacances.
Le timing était parfait. J'ai un ami Indien à Dubai - vous en aurez aussi si vous avez envie, Dubai est une colonie indienne des temps modernes. Ce n'est qu'a 4h de vol, et en plus quand on est francais on n'a pas besoin de visa. J'ai fait mes bagages un beau mercredi soir, et en route pour la ville jaillie du désert.
 

Le désert, là où ça commence... Votre œil exercé embrassera tout de suite les différences entre le désert des Emirats et celui d'Egypte. La sensation est distincte aussi, mais peut-être que c'est seulement parce qu'on est restés à la périphérie.

Nikhil et notre bonhomme de guide, Maher. C'était le guide arabe le plus sympa que j'ai rencontré jusqu'ici, et même qu'il m'a appris comment mettre le kéfier sur la tête.
C'est Radha, la mère de Nikhil. Radha est le nom de l'épouse du dieu Krishna, à propos.



Maintenant que vous êtes familiers avec les alentours, retour vers Dubai - ou comme dirait l'autre, retour vers le futur.



Dubai, c'est comme dans le 5e élément. Cette tour est plus haute ce que vous avez jamais imaginé; regardez les petits immeubles à coté et dites-vous qu'ils sont plus hauts que ceux de Paris. Et maintenant relevez la tête vers le sommet de la tour. En réalité elle est plus haute encore, mais j'ai pas réussi à la faire entrer entièrement dans mon appareil.



Ici une ville de luxe avec air climatisé et balcons à arabesques a surgi de l'air pour accueillir les businessmen du monde entier. Mais il semble que Dubai coure vers l'échec de sa vocation de hub commercial: des lois compliquent la création d'entreprises et les rendent moins profitables ensuite. Par exemple, il faut qu'un local soit propriétaire à 51% des parts de la boîte; vous ne serez jamais majoritaire et vous dépendrez de lui sur toutes les décisions. Peut-être qu'il vaut mieux aller à Abu Dhabi... (Source: John Eapen, le père de Nikhil)




















Ce n'est qu'une partie de Dubai, même si c'est celle qui reste dans les mémoires; il y a aussi un centre plus ou moins historique, avec un petit port et une jetée pour se promener.


Les bateaux viennent chercher les touristes et les emmènent faire un petit tour dans l'eau.


Il fait 35°C et l'air est très humide, mais c'est une bouffée d'air frais vis-à-vis du Caire. Ici vous croisez des têtes blondes, des têtes voilées, des yeux noirs, des jupes courtes, des costards, des galabeyyas, des saris, des tailleurs, et personne ne vous fait de remarque. C'est normal que vous soyez là, cette ville n'appartient presque à personne, alors elle est à vous.



Automatiquement, vous parlez hindi au chauffeur de taxi. A défaut, anglais. Maher avait l'air de comprendre mon arabe titubant, mais le sien sonnait très étrange à mes oreilles. De toute façon on n'entend pas beaucoup d'arabe ici, et mieux vaut se mettre à l'ourdou ou à l'hindi.


En se promenant par ici avec Nikhil, on a découvert d'étranges tours au sommet des maisons traditionnelles qui n'ont pas été détruites; ouvertes sur un seul pan et transpercées de longs bâtons en bois. Ma théorie tournait autour de pigeonniers et celle de Nikhil autour d'abris pour les lanternes; on était complètement à côté de la plaque. Je suis tombée sur une photo dans un livre à l'aéroport en repartant, et elles étaient légendées Attrapeur de vent. Figurez-vous que ces gens-là, il y a de ça des dizaines de centaines d'années, ils avaient la climatisation.

Je vous le donne en anglais parce que vous avez un petit schéma, alors que la page française est quasiment vide: Windcatchers.

J'aurais aimé penser à prendre des photos du métro, parce qu'on dirait les vaisseaux de plaisance de Starwars, mais allons refaire un petit tour du côté du grand mall de Dubai et de la Burj Khalifa, la tour immense.



Tout le monde était assis sur les marches du grand bassin devant la Burj Khalifa pour voir les eaux dansantes de sept heures du soir. Petit à petit, en ménageant son effet, l'eau se soulève en des dizaines de jets fins et danse sur un air d'opéra qui emplit toute la place. C'est kitsch et magique.



















C'est à l'image de Dubai.